Le port et les quais de Taillebourg
Édifié sur la rive droite du fleuve, Taillebourg doit sa prospérité au fleuve Charente. Le bourg devient un port fluvial dès le Moyen Age. Au 15e siècle, les archives attestent d’expéditions de céréales et de bois à destination de Rochefort, pour la construction de vaisseaux, depuis le port de Taillebourg, où arrive le sel venant de Tonnay-Charente. En 1750, 27 gabarres et 4 barques sont inscrites dans ce port. Mais c’est surtout au 19e siècle, notamment pendant l’âge d’or du cognac, que le trafic portuaire atteint son apogée, lorsque les gabarres transportaient les eaux-de-vie de cognac vers Tonnay-Charente, alors premier expéditeur de cette eau-de-vie fine. Sont transportés également des bois de construction, du bois de chauffage (pour les villes de Rochefort et de la Rochelle), du vin, de la pierre et autres produits du pays. En 1840, l’état du port de Taillebourg est jugé déplorable et petit à petit il perd de son importance. Les lignes de chemins de fer Cognac-Rochefort en 1867 et celle de Saint-Jean d’Angély-Taillebourg, mise en service en 1878, vont très vite concurrencer la navigation sur la Charente et au début du 20e siècle le port décline et est consacré au nautisme de loisirs et à la navigation de croisière, les bateaux remontant depuis Saintes, principal lieu d’embarquement pour les vedettes de croisière. De cette activité portuaire ont subsisté les noms des rues et places des abords : quai des Gabariers, rue des Pêcheurs, Place du Pontier, rue du Port, rue des Mariniers. Depuis 2001, des prospections subaquatiques ont mis à jour des éléments des périodes mérovingienne et carolingienne, ce qui contraste avec la carte archéologique des berges relativement pauvres en occupation du Haut Moyen Age (du 5e au 10e siècle).